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Banff2016

Maladies de l’âme, émotion, affect : Écrits autochtones, canadiens et québécois dans les tirs croisés d’un nouveau tournant

Maladies de l’âme, émotion, affect : Écrits autochtones, canadiens et québécois dans les tirs croisés d’un nouveau tournant

 Banff  Banff Centre, 22-25 septembre 2016

Un colloque organisé par le Centre de littérature canadienne de l’Université de l’Alberta et le Centre d’études canadiennes de l’Université d’Innsbruck

Conférences d’honneur confirmées

  1. Daniel Heath Justice, Université de Colombie-Britannique
  2. Smaro Kamboureli, Université de Toronto
  3. Daniel Laforest, Université de l’Alberta

Table ronde littéraire

  1. Nicole Brossard, Montréal (Québec)
  2. Louise Dupré, Montréal (Québec)
  3. Katherena Vermette, Winnipeg, Manitoba
  4. Aritha van Herk, Calgary (Alberta)

Selon D. Bachmann-Medick, un tournant scientifique ne mène pas à la simple réorientation radicale d’une seule et unique discipline, mais au contraire, invite à embrasser une pluralité de perspectives transdisciplinaires afin de complémenter et de renforcer des approches préexistantes. Un tournant n’en supplante pas un autre, mais devient partie intégrante d’un processus dynamique à partir duquel naîtront de nouvelles catégories d’analyse et des concepts nouveaux. Étudier à la fois les implications générales, mais aussi les effets positifs et négatifs d’un tournant s’avère particulièrement enrichissant si l’on compare des traditions académiques différentes – comme c’est le cas pour ce colloque transdisciplinaire et transatlantique –ainsi que des productions littéraires composées dans des langues différentes.

Dans la foulée du colloque « Écriture de la crise : dans la tourmente et au-delà » qui a eu lieu à l’Université d’Innsbruck en 2015, « Maladies de l’âme, émotion, affect » cherche non seulement à répondre à certaines questions à l’égard de l’affect, ou du « tournant affectif » pour reprendre le terme de Patricia Clough, mais aussi à interroger l’influence que les précédentes recherches sur les émotions et la cognition ont eue sur l’étude des écrits autochtones, canadiens et québécois. Si l’empathie et l’agencéité se sont imposées en tant que principes fondamentaux dans certains champs de l’analyse littéraire, leurs racines émanent de disciplines classiques telles que la poétique, la rhétorique ou l’herméneutique (Th. Anz), mais aussi des recherches sur l’agencéité prônées par les théories de la réception de l’école de Constance. À partir d’écrits contemporains autochtones, canadiens et québécois de langues anglaise ou française, les participants sont encouragés à explorer les implications émotionnelles et affectives du procédé de communication littéraire, en s’appuyant sur des recherches d’ordre conceptuel et empirique et en essayant de traiter des aspects suivants :

  • L’habitus émotionnel et affectif du producteur/de la productrice (auteur.e réel.le), son utilisation intentionnelle ou non des techniques d’émotionnalisation, sa définition d’une poétique spécifique, et leur possible impact sur le texte;
  • La réponse émotionnelle ou affective du/de la lecteur/lectrice réel.le face à ces techniques;
  • Le texte, véhicule d’émotions ou d’affects, qui nomme, définit et présente ces émotions comme l’habitus mental des protagonistes (Th. Anz); la manière dont ces procédés sont mis en discours et évoqués à même le texte; l’utilisation de métaphores, d’une syntaxe de l’indicible ou encore l’inscription du corps qui s’inscrivent dans l’esthétique du texte.

Porter un regard sur la littérature contemporaine nous confronte inévitablement aux perspectives sur le 21e siècle de S. Žižek qui y discerne un « point zéro apocalyptique », aux analyses de S. Ahmed, L. Berlant et autres qui dénoncent un attachement « cruel » à l’optimisme néolibéral, aux travaux de M.C. Nussbaum sur l’éthique du care, cette forme affective et alternative de connaissance, d’agencéité et de démocratie (J. Tronto) ou encore aux « ugly feelings » de S. Ngai.

  • Quels sont dès lors les affects et émotions qui définissent particulièrement notre moment littéraire ou encore notre moment de crise ?
  • Comment la sphère intime ou privée répond-elle à la sphère publique ?
  • Quel serait l’équivalent actuel de l’ennui romantique ou de la mélancolie ?
  • Les expériences de l’exil et de la migration exacerbent-elles les traits de ces nouvelles « maladies de l’âme » dont parlait J. Kristeva ?
  • Les auteur.e.s posent-ils/elles la question de l’animalisation (M.Y. Chen) ?
  • Quelles vies sont aujourd’hui considérées comme dignes d’être vécues et reconnues comme telles (J. Butler) ?
  • Comment les interventions littéraires et critiques autochtones sont-elles susceptibles de remettre en question les catégories et les étiquettes que cet appel à communications semble indiquer et de nous permettre de relater d’autres histoires (D.H. Justice) ?

Ces questions et bien d’autres – au sujet des implications émotionnelles et affectives de la communication littéraire – devraient permettre aux participants d’aborder les émotions, affects et nouvelles maladies de l’âme qui définissent la production littéraire de ce 21e siècle, et par-là même de contribuer au développement terminologique, méthodologique et théorique du domaine de l’affect et de l’émotion et de celle de l’analyse du texte.

Dans le traitement de ces sujets possibles, nous encourageons les perspectives et les méthodologies comparatives, multidisciplinaires et interdisciplinaires. Nous sollicitons des propositions de communication traditionnelle de 20 minutes, mais d’autres formes sont acceptées, telles que des exposés de 10 minutes, des tables rondes ou encore des présentations pecha kucha. Des panels complets (de 3 à 4 communications) sont aussi fortement sollicités.

Les propositions de 250 mots par communication, en anglais ou en français, doivent être accompagnées d’une courte biographie (50 mots) et soumises à clcconf@ualberta.ca avant le 1er février 2016.

Comité Organisateur

  • Marie Carrière, Directrice, Centre de littérature canadienne, Université de l’Alberta (carriere@ualberta.ca)
  • Kit Dobson, Professeur agrégé d’anglais, Université Mont-Royal (kdobson@mtroyal.ca)
  • Ursula Moser, Directrice, Centre d’études canadiennes, Université d’Innsbruck (Moser@uibk.ac.at)

Comité scientifique

  • Albert Braz, Université de l’Alberta
  • Evelyne Gagnon, Université de l’Alberta
  • Simon Harel, Université de Montréal
  • Larissa Lai, Université de Calgary
  • Brigit Mertz-Baumgartner, Université d’Innsbruck

Ce second colloque aura lieu au Banff Centre les 22-25 septembre 2016. Situé dans le parc national de Banff, surplombant le paysage magnifique des montagnes Rocheuses, le Banff Centre s’est imposé comme un lieu sans équivalent pour l’exploitation des arts de toutes les disciplines au Canada et sur la scène internationale. Pour des renseignements au sujet du Centre de littérature canadienne à l’Université de l’Alberta, veuillez visiter www.abclc.ca.

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