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Séminaire de recherche 2016 – Les littératures canadiennes en conversation

Séminaire de recherche 2016 - Les littératures canadiennes en conversation

Research seminar / Séminaire de recherche 2016

Le 10e anniversaire du Centre de littérature canadienne : une célébration littéraire

 Les littératures canadiennes en conversation

Date : Lundi le 29 février 2016

Un événement organisé par Evelyne Gagnon and Orly Lael Netzer

L’année académique 2015-2016 constitue un moment charnière pour la communauté littéraire de l’Université de l’Alberta. En effet, à l’aune des célébrations entourant le 10e anniversaire du Centre de littérature canadienne et les quarante années d’existence du programme des Écrivains en résidence du Département d’études anglaises, le Séminaire annuel de recherche du CLC compte prendre part à cette occasion unique de souligner la vivacité littéraire de cette communauté en constante évolution. La présente édition du Séminaire s’inspire par ailleurs du mandat du CLC, œuvrant depuis maintenant dix ans à promouvoir la littérature canadienne en stimulant la recherche scientifique, mais également en soutenant les créateurs et acteurs de la vie littéraire locale et nationale; tout cela en favorisant les échanges et dialogues de toutes sortes entre les diverses communautés. Le thème du Séminaire 2016, les littératures canadiennes en conversation, entend explorer les nouvelles avenues qui permettent d’élaborer des dialogues fertiles entre les créateurs, lecteurs et chercheurs, dans la mesure où nous nous trouvons actuellement face à une redéfinition des littératures canadiennes, c’est‑à-dire devant un corpus plus que jamais ouvert à la multiplicité des voix, des visages, des échanges. Si l’on constate présentement, à l’instar de Smaro Kamboureli, une évolution vers une conception dynamique des littérature(s) canadienne(s) (Kamboureli; 2014)[1], l’objectif de ce Séminaire sera d’explorer la façon dont nous pouvons conséquemment développer et renouveler les conversations entre les différentes perspectives, qu’elles soient culturelles, linguistiques, pédagogiques, artistiques, académiques et multidisciplinaires ou encore politiques. La production actuelle offre-t-elle en ce sens un dépassement du multiculturalisme pour plutôt engager de nouvelles perspectives critiques telles que les relations diaphoniques et les dialogues croisés? Plus spécifiquement, Diana Brydon et Marta Dvořák utilisent le concept de “crosstalk”[2] pour définir ce phénomène impliquant des relations conversationnelles qui respectent les singularités tout en se nourrissant les unes les autres, à même les diversités ainsi mises en acte (Brydon and Dvořák; 2012). Nous invitons les créateurs et chercheurs (émergents et établis) à considérer cette problématique au regard des questions suivantes qui pourront être adressées et débattues sous différents angles :

  • La multiplication des traductions entre les œuvres francophones et anglophones ainsi que l’intérêt marqué qui semble se déployer chez les lecteurs, les écrivains et les éditeurs envers ces nouveaux territoires d’échanges nous permettent d’envisager une circulation accentuée des productions récentes au sein d’un lectorat plus vaste. Daniel Laforest et Maïté Snauwaert ont d’ailleurs souligné l’intérêt actuellement croissant, au sein de la critique francophone, envers le corpus anglophone ainsi que les nombreuses zones de circulation entre ces corpus[3] en précisant que : « Plus encore que les divisions géographiques et les anciennes frontières nationales strictes, ce sont la valeur et le sens de l’étrangeté qui sont ici les nouveaux enjeux primordiaux » (Laforest et Snauwaert; 2014). Il s’agirait donc, dans cette dynamique et fertile remise en dialogue, « d’envisager des points de contact à partir de multiples dislocations[4] » (Leclerc et Simon, 2005). Peut-on considérer en ce sens que les littératures canadiennes contemporaines participent activement, et ce, en respectant les singularités qui les caractérisent, à ce qu’Édouard Glissant nomme Une poétique du Divers (Glissant; 1995)[5] ?
  • Peut-on voir émerger des dialogues inédits entre les points de vue autochtones, diasporiques et migrants, féministes, queer, francophones, nationaux et transnationaux ? À titre d’exemple, des études récentes s’attardent aux dialogues intergénérationnels au sein des écritures des femmes, et ce, dans une visée transnationale qui permet de revisiter la tradition féministe, adoptant du même coup une perspective à la fois multiculturelle et bilingue (Carrière et Demers; 2014)[6]. En quoi ces nouveaux espaces conversationnels diffèrent-ils de ceux qui les ont précédés et comment ceux-ci travaillent-ils à revitaliser les différentes communautés (littéraires et autres) ?
  • Pouvons-nous identifier, dans la production actuelle, le retour d’anciens tropes appartenant aux définitions traditionnelles de la littérature canadienne ? Qu’en est-il des legs historiques ou politiques ? Reviennent-ils hanter ou rejouer/déjouer certains discours littéraires? Quels autres aspects fondamentaux se trouvent alors occultés ou ignorés et pourquoi ?
  • Comment la perspective d’une possible (ré)conciliation entre les Premières Nations et la nation canadienne, mais également entre d’autres groupes culturels, peut-elle entraîner de nouveaux dialogues croisés et des relations interculturelles plus fertiles ? En quoi le travail des créateurs et auteurs contribue-t-il à l’émergence ou au déploiement de ces zones d’échanges et de (ré)conciliation? Qu’en est-il parallèlement des œuvres qui tendent à se dissocier d’une telle possibilité ?
  • Quelles nouvelles manifestations concernant l’hybridité des formes, des genres, des méthodes et des pratiques - tant académiques qu’artistiques - nous permettent de considérer une redéfinition des diverses communautés et des relations qui les sous-tendent ?
  • Brydon et Dvořák nous invitent à repenser les questions de lectorat et de communautés (tant sociales, littéraires que scientifiques) à la lumière des changements récents au sein de l’imaginaire collectif. Il s’agirait à cet effet de tirer profit de ce potentiel diaphoniques hautement dynamique afin d’imaginer autrement les formes d’engagement possibles au regard de la création et de ses enjeux actuels (Brydon and Dvořák; 2012). Comment du même souffle revivifier les diverses communautés en favorisant des échanges qui ouvriraient les perspectives au-delà de la sphère strictement littéraire, créant ainsi des avenues inédites et multidisciplinaires?

Nous vous prions de considérer, lors de l’élaboration de votre proposition, les aspects suivants :

  • Nous accueillerons favorablement des présentations (20 minutes maximum) qui traiteront du processus créateur, des relations entre la lecture, l’écriture et la réflexion académique et qui mettront en lumière les territoires conversationnels entre la pensée critique et la pensée créative.
  • Une table-ronde devra comporter 2 ou 3 présentations de 8 minutes chacune, qui seront suivies d’une discussion interactive avec les participants et les auditeurs. Nous vous invitons à proposer une table-ronde thématique, partielle ou complète, en incluant les noms et affiliations de chaque intervenant ainsi qu’un résumé de chaque présentation. Le comité accueillera également les propositions individuelles et se chargera par la suite, selon les propositions reçues, de jumeler les individus aux intérêts communs afin de constituer d’éventuelles tables-rondes. Afin de favoriser l’interaction lors de la période de discussion, les participants devront avoir pris connaissance des autres contributions préalablement.
  • Un entretien de type « tête-à-tête » pourra réunir un chercheur et un écrivain/artiste ou encore un étudiant et un écrivain/professeur/chercheur établi. La proposition devra inclure un titre ainsi qu’un résumé des questions qui seront abordées (environ 250 mots) lors de cette conversation, qui sollicitera également les interventions du public. Le comité acceptera par ailleurs les propositions individuelles et se chargera par la suite, selon les propositions reçues, de jumeler les individus aux intérêts communs afin de former de nouvelles opportunités de type « tête-à-tête ».
  • La durée des conférences régulières (abordant des aspects liés tant à la problématique du séminaire qu’à des éléments de recherches en cours) ne devra pas excéder 20 minutes, ce qui permettra des périodes de discussion entre chaque présentation.

Veuillez faire parvenir une brève proposition (environ 300 mots), en français ou en anglais, qui comprendra une notice biographique abrégée, le titre ainsi qu’un résumé de votre exposé avant le 15 janvier 2016 à l’intention du comité scientifique :

Evelyne Gagnon, chercheure postdoctorale au CLC (CRSH) : [email protected]

Orly Lael Netzer, chercheure associée au CLC : [email protected]

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N’oubliez pas… Le Concours de poésie du CLC 2016!

Cette troisième édition du Concours de poésie du CLC récompensera la meilleure œuvre poétique originale (en français et en anglais) créée par un étudiant de l’Université de l’Alberta. Les gagnants seront dévoilés à la fin du Séminaire annuel du CLC.

→→THÈME 2016 : Conversation